Vous avez lu quelque part qu'un préfet pouvait faire évacuer des squatteurs en 48 heures. C'est exact sur le papier — la procédure existe, elle est encadrée par la loi Kasbarian du 27 juillet 2023, et elle couvre désormais les résidences principales ET secondaires depuis la suppression de la condition de résidence principale par l'article 38 de cette loi. Mais entre le délai légal de 48 heures et le délai réel entre la découverte du squat et la récupération effective du bien, il y a une nuance que peu d'articles expliquent honnêtement.

Cette FAQ rassemble les sept questions que les propriétaires posent le plus souvent à un commissaire de justice quand ils découvrent une occupation illicite. Elle ne remplace pas l'examen précis de votre dossier, mais elle clarifie ce que recouvre exactement ce fameux délai de 48 heures, à quel moment il démarre, ce qui peut le rallonger, et ce qui se passe après la mise en demeure préfectorale. L'objectif : vous éviter les fausses promesses des sites qui parlent d'évacuation "express en 48 heures" sans préciser que ce compte à rebours ne commence que tardivement dans la procédure.

1. À quel moment exact démarre le délai de 48 heures ?

C'est la question la plus mal comprise. Le délai de 48 heures inscrit à l'article 38 de la loi DALO du 5 mars 2007, tel que modifié par la loi Kasbarian du 27 juillet 2023, ne commence pas à courir au moment où vous découvrez le squat. Il ne commence pas non plus quand vous déposez plainte. Il démarre à la notification de la mise en demeure préfectorale aux occupants illicites, et uniquement à ce moment-là.

Concrètement, la chronologie est la suivante :

Le délai de 48 heures n'est donc que la dernière étape. Tout ce qui précède peut prendre quelques jours à quelques semaines, selon la rapidité de la préfecture à instruire votre dossier et la solidité des preuves fournies. C'est pour cette raison que la qualité du dossier transmis au préfet est déterminante : un dossier complet et bien structuré accélère l'instruction.

2. Combien de temps prend réellement la procédure de bout en bout ?

La procédure préfectorale 48 heures peut, dans le meilleur des cas, aboutir à une récupération du bien en moins d'une semaine. Mais l'ordre de grandeur indicatif observé sur le terrain est plutôt compris entre une et plusieurs semaines, selon trois variables :

Méfiez-vous des sites qui annoncent une récupération "garantie en 48 heures" : c'est techniquement le délai laissé aux occupants par la mise en demeure préfectorale, pas le délai total. Un discours honnête parle d'un délai réel total de quelques jours à plusieurs semaines, en fonction des étapes décrites plus haut.

3. La procédure 48h s'applique-t-elle à ma résidence secondaire ?

Oui, et c'est l'apport central de la loi de 2023. Avant le 27 juillet 2023, l'article 38 de la loi DALO conditionnait la procédure préfectorale au caractère de résidence principale du logement squatté. Les propriétaires de maisons de vacances, de pieds-à-terre, de biens en location saisonnière vacante hors saison, étaient renvoyés à la procédure judiciaire classique d'expulsion locative, plus longue et plus coûteuse.

L'article 38 de la loi Kasbarian-Bergé a supprimé cette condition de résidence principale. Désormais, la procédure préfectorale 48 heures s'applique indifféremment aux résidences principales et aux résidences secondaires, à condition que le bien soit identifié comme un local d'habitation (et non un local commercial ou un terrain nu, qui relèvent d'autres procédures).

Le critère décisif n'est donc plus l'usage principal ou secondaire, mais la nature résidentielle du local. Une maison de vacances laissée vide six mois par an entre dans le champ de la procédure, dès lors que vous pouvez prouver qu'il s'agit d'un logement d'habitation vous appartenant. Cette extension a profondément changé le rapport de force pour les propriétaires de résidences en zones touristiques.

4. Que faut-il fournir au préfet pour activer la procédure ?

Le dossier transmis à la préfecture doit prouver trois choses : que vous êtes bien le propriétaire du bien, que celui-ci est un local d'habitation, et qu'il est occupé illicitement. Concrètement, voici ce qu'attend généralement la préfecture :

Un dossier mal préparé est la première cause de rallongement du délai. Le rôle d'un acteur comme Anti-Squat Express est précisément de coordonner ces pièces en lien avec un commissaire de justice du réseau, pour que le préfet reçoive un dossier complet et instructible immédiatement.

5. Que se passe-t-il si les occupants ne partent pas après 48h ?

Si, à l'expiration du délai de 48 heures fixé par la mise en demeure, les occupants sont toujours présents, le préfet peut faire procéder à l'évacuation forcée avec le concours de la force publique. Aucune nouvelle décision de justice n'est nécessaire : la mise en demeure préfectorale vaut titre exécutoire pour l'évacuation.

En pratique, l'intervention des forces de l'ordre est planifiée avec la préfecture et exécutée à une date déterminée. Le commissaire de justice qui a établi le constat initial est généralement présent lors de l'évacuation, pour dresser un procès-verbal d'exécution et constater l'état du bien à la sortie.

Quelques précisions utiles :

L'évacuation effective met fin à l'occupation illicite, mais elle ne clôt pas nécessairement le volet pénal. Le dépôt de plainte initial peut donner lieu à des poursuites, jugées séparément.

6. Quelles erreurs rallongent ou bloquent la procédure ?

Certaines actions, dictées par l'urgence ou la colère, peuvent retarder la procédure préfectorale, voire la rendre inapplicable. Il est essentiel de les connaître avant d'agir.

Changer la serrure soi-même

C'est l'erreur la plus fréquente. Pénétrer dans un local occupé pour en changer la serrure expose le propriétaire à des poursuites pour violation de domicile (oui, le domicile est juridiquement celui des occupants tant qu'ils n'ont pas été évacués) et à des dommages-intérêts. Cela peut aussi disqualifier la demande préfectorale.

Couper l'eau, l'électricité ou le gaz

L'article 226-4-2 du Code pénal sanctionne le fait, pour un propriétaire, de forcer un occupant à quitter les lieux par des manœuvres comme la coupure des fluides. La peine peut aller jusqu'à 3 ans d'emprisonnement et 30 000 € d'amende. Ne touchez à rien.

Négocier directement avec les occupants

Une négociation orale sans cadre juridique peut être interprétée comme une reconnaissance de droit d'occupation. Tout doit passer par les voies officielles : plainte, constat, mise en demeure préfectorale.

Confondre squat et impayé locatif

Un locataire avec bail en cours, même défaillant, n'est pas un squatteur. La procédure préfectorale 48 heures ne s'applique pas à lui : il relève de la procédure judiciaire classique d'expulsion locative, beaucoup plus longue. Tenter d'engager la procédure 48h contre un locataire est voué à l'échec.

7. Combien coûte l'activation complète de la procédure ?

Le coût total dépend de la nature exacte du dossier et des prestataires sollicités. La saisine de la préfecture en elle-même est gratuite : aucun timbre fiscal, aucune redevance. Ce sont les actes professionnels qui constituent la facture réelle.

À titre d'ordre de grandeur indicatif, sous réserve du tarif appliqué par chaque étude et chaque cabinet :

Anti-Squat Express coordonne ce réseau de professionnels pour une commission forfaitaire de 1 500 € à la signature du mandat, sans abonnement ni frais cachés. Le total estimé client se situe ainsi entre 2 200 et 3 000 €, frais réseau compris. Pour des questions plus spécifiques, la page questions fréquentes détaille les cas particuliers.

En conclusion

Le délai préfectoral de 48 heures pour expulser un squatteur existe bien, il est ancré dans la loi, et il a été considérablement étendu par la loi Kasbarian du 27 juillet 2023. Cette extension couvre désormais les résidences principales ET secondaires, ce qui change radicalement la situation des propriétaires de maisons de vacances ou de pieds-à-terre occupés illicitement. Mais ce délai de 48 heures n'est que la dernière étape d'une procédure qui en comporte plusieurs, et la qualité du dossier transmis au préfet conditionne directement la rapidité de l'instruction.

Trois actions immédiates en cas de découverte d'un squat : déposer plainte sans délai pour violation de domicile, faire dresser un constat d'occupation par un commissaire de justice, ne rien tenter par vous-même (serrure, fluides, négociation). Le reste, c'est de la coordination.

Vous découvrez un squat ou suspectez une occupation illicite ? Faites le point sur votre situation et activez le bon réseau dès aujourd'hui.

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